Événements/Interviews

MENTHOL, l’interview. (PANORAMAS 17)

MENTHOL

J’ai rencontré Julien & Marc du groupe Menthol (ex Rafale), à l’occasion du Festival Panoramas. On a parlé de leur évolution, de production, et de poterie.

Pourquoi vous avez arrêté Rafale ?

Alors cela ne s’est pas vraiment passé comme ça. On n’a pas voulu arrêter, en fait. Le truc c’est qu’on a fait le premier disque de Rafale, on a tourné et après on a recommencé à faire des morceaux. Et il se trouve que les morceaux que l’on faisait et ce que l’on voulait faire, au fur et à mesure du temps, cela s’éloignait de plus en plus. D’entrée de jeu, on a voulu intégrer du chant en français. On a essayé  en anglais mais ça ne fonctionnait plus.

Pourquoi le français pour ce nouveau projet ?

C’est ce qui venait naturellement, c’était plus simple. Quand Julien fait les prods, je les récupère et j’essaye de voir chez moi ce que je peux chanter et en fait c’est arrivé comme ça, petit à petit, de semaine en semaine.

On a fait un premier morceau en français, pour voir, et on trouvait ça cool, puis au bout de 3, 4 morceaux on est arrivé à un truc assez différent de Rafale.  Mais jusque là on s’est pas dit on va changer de nom, parce que le but du jeu c’est qu’on continue à faire de la musique ensemble. Et finalement, au fur et à mesure du projet, les morceaux changeaient beaucoup par rapport à Rafale, la voix était beaucoup plus mise en avant. A l’époque de Rafale c’était très électro/techno, maintenant le fait de chanter en français et de mettre plus en avant le chant fait que l’on est plus pop, du coup on s’est dit que cela n’a aucun sens de garder le même nom. C’est la musique qui a décidé. Pour nous, on n’a pas arrêté, c’est juste que le nom est complètement différent.

Est-ce que vous êtes influencés par la vague Lescop, Yelle, qui chantent en français ?

Non, pas du tout ! On aime bien. Je pense qu’ils ont débloqués des trucs, mais inconsciemment. C’est pas le genre de truc où tu vas te dire « Lescop il tourne, Yelle tourne, du coup on va chanter en français ». On passe tellement temps à faire de la musique, ça compte tellement, que tu peux pas partir en te disant « on va faire ça pour que ça marche ». Le fait de se rendre compte qu’il y avait des gens qui chantaient en français dans d’autres domaines que le rock – parce que jusqu’ici pour moi le français ne collait que sur du rock-  quand tu entends Yelle, Lescop..c’est sûr que ça libère un peu. Bêtement, tu as des phrases qui arrivent en tête et quand tu chantes  les morceaux pour les maquettes chez toi, tu te dis « ah ouais c’est pas mal quand même, on va essayer de creuser ». C’est progressif.

La musique a changé parce que nous, on a changé, on n’est plus les mêmes personnes. Disons qu’avant, on adorait mettre des grosses turbines et tout, mais d’un coup là il y a plus un coté pop, doux. Je prends vachement de plaisir à travailler sur les mélodies, qui prennent beaucoup plus d’importance.

Sur Rafale, il y avait beaucoup de chants scandés. Il y a un fossé entre un texte dans une langue étrangère et un texte dans une langue natale. Par rapport à la manière dont tu écris, dont tu places ta voix et la manière dont le public reçoit les morceaux. Mais les textes finalement ne racontent pas des choses si différentes entre les deux projets. C’est la même personne qui les écrit, sauf qu’en français on comprend mieux.

Vous parlez de quoi justement dans l’or et le miel. Dans la peau ?

Ce sont deux morceaux complètement différents.
« L’or et le miel » je le vois plutôt comme un texte symbolique t’as un côté un peu mystique… Je préfère laisser les mots parler plutôt que de raconter la chanson. C’est impossible parce que c’est assez abstrait finalement. Tu n’as pas un sujet où tu vas dire « j’ai rencontré cette fille, elle me plait beaucoup, ce soir je vais sortir avec elle, demain je serai malheureux.
« L’or et le miel » a un côté psyché un peu. Pour « Dans la peau », moi j’ai une image de ce que je veux dire mais à la fois cela revêt plusieurs sens. Cela parle de la peur de quelque chose, de la fuite, de la finitude des choses. « Plus de courage quand tu as mal -Dans la peau ».  (il cite le texte) Après, j’ai pas du tout envie d’expliciter le truc

Pourquoi, pour l’or et le miel vous avez choisi de faire un clip rétro avec la poterie ?

On trouvait le morceau ultra sensuel et on a réfléchit à un truc qui sorte du contexte. On allait pas mettre des gens en train de faire l’amour cela n’avait aucun sens. Quelqu’un qui fait de la poterie c’est ultra sensuel. En fait, sur les deux morceaux et sur cette vidéo, on est dans la suggestion.

En dire moins pour que le public en imagine plus ?

Ouais voilà. Après dire moins cela ne veut pas dire rien dire. C’est des mots clé, des mots qui ouvrent des boîtes à l’imagination quoi.

Comment vous avez choisi le nom Menthol du coup ?

On voulait quelque chose de français, d’autant plus maintenant qu’on chante en français, mais aussi international. Quelque chose qui symbolise la froideur.
On a jamais fait quelque chose de chaud. Après je sais pas, l’or et le miel il est froid mais « plus brillant que le soleil » (il cite le texte) c’est super solaire, c’est chaud, donc on navigue entre ces deux trucs là.
L’avantage aussi de Menthol c’est que, encore une fois, ça laisse la porte ouverte à l’imagination.

J’ai vu que vous avez produis des musiques avec Commuter. Comment cela s’est il passé ? Qu’est ce qu’il a apporté à la production ?

On a bossé avec lui pendant 3 jours, sur le morceau « Dans la peau ».
Il avait fait un remix pour nous sur l’album de remixes de Rafale, on l’avait rencontré deux trois fois à des soirées. Il est très sympa, on s’entend très bien avec lui et cela s’est fait vraiment naturellement. On lui a envoyé notre morceau, on lui a dit « vas-y fait ce que tu veux », il nous a renvoyé quelques trucs, et dans le lot il y en avait quelques unes qui nous plaisaient. On est allé chez lui 3 jours, on a bossé ça ensemble et on peut dire qu’il a apporté, entre autres, le lead de fin.
Il a une grosse culture électronique, mais quand on dit musique électronique on parle de Kraftwerk, Depeche Mode, ça s’est son truc. Il a une autre manière de travailler en plus, c’est bien de tout le temps se remettre en question.

Cela change beaucoup d’Arnaud Rebotini, qui avait produit l’album de Rafale ?

Oui et non. Dans la manière de faire, oui, Avec Commuter, on travaille beaucoup avec de très bons plugins, Arnaud, lui, fait tout aux synthétiseurs analogiques. Ils aiment tout deux la même musique. Et nous on fait les deux, on travaille à la fois avec des plugins et des synthèstiseurs anologiques. Donc c’est assez marrant. Cela ne peut qu’apporter de bonnes choses d’avoir un morceau, de lui filer dans les mains d’un gars, de lui dire de faire ce qu’il veut et de bosser ensemble après. On a beaucoup travaillé avec Arnaud et on est sortis ultra content de la session avec Commuter, donc du coup on a gardé quelques petits trucs qu’ils nous ont apportés. Par exemple les petites rythmiques de 808 typiquement électroniques des années 80, ou encore le solo de fin, c’est Commuter. C’est enrichissant.

 

Vous aviez une volonté avec Menthol de faire un côté Rétro ?

Non. En fait ça se prêtait bien à ce morceau, là on a un autre morceau en cours actuellement et c’est différent. L’idée, ć’est de mettre la musique au service du morceau plutôt que de se dire on va faire un morceau rétro années 80s. L’or et le miel sonne beaucoup moins comme ça. La constante c’est la guitare, on aime bien ces sons de guitare genre Let´s dance de David bowie, Love on the beat de Gainsbourg…

Ce sont vos influences ?

Niveau guitares ouais. Avoir un son très synthétique comme cela, très froid, ça se mêle vachement mieux dès que tu mets une reverb sur ta caisse claire, comme tu as déjà une reverb sur la guitare, ca s’allie bien et tu as un côté très froid qui va avec la musique électronique.
On ne cherche pas a avoir un style rétro, surtout que le morceau sur lequel on est en train de bosser actuellement, en terme de son, il est super neutre. La batterie est au service de la mélodie du morceau. C’est peut être la différence avec rafale, où on avait une image précise dans la tête de ce qu’on voulait faire. Et là on fait la chanson et ensuite en fonction de la chanson on décide de la production qu’on va faire. Rafale c’était plus techno et menthol c’est plus pop. On est super à l’aise avec ça, faire ce genre de compositions, c’est génial.

Vous situez où vos influences ? Vous avez vraiment des musiques assez éclectiques dans votre mix : Thomas Azier, Pachanga Boys, Esser, Sky Ferreira…

Nos influences, tu les as dit, elles sont dans notre mix. Après tu vas voir ce qu’on passe ce soir, on passe vraiment de tout, c’est pas forcément représentatif de Menthol. En même temps on ne va pas passer du Joy Division pendant 3 heures, on est quand même à Panoramas. On essaye de garder le côté que tu retrouves dans le mix mais également quelque chose de plus percutant, parce que c’est un festival quoi.

Menthol est un projet résolument pop mais vous êtes quand même toujours influencés par de la techno ? Vous avez par exemple playlisté une musique de Daniel Avery dans votre mix.

Pour Pachanga Boys moi je trouve juste ce morceau cool après je connais absolument rien de ce qu’ils font, Daniel Avery c’est pareil.

Questions influences prod, on fait juste des morceaux et après on voit ce qui colle.
Par exemple, ce morceau d’Esser, on l’adore et on le trouve génial, mais le reste de ce que fait Esser, j’aime pas du tout . C’est comme Pachanga Boys je connais ce truc et le reste je connais rien quoi, je ne sais pas combien ils sont, d’où ils viennent…

Quelle est la suite pour vous ?

On pas mal de titres en route, on a 7, 8 titres mais on prend notre temps. Il n’y a personne qui nous attend, on redémarre, c’est comme si on venait de créer un groupe, on commence. Là on a posté 2 titres, on en a d’autres qui vont arriver.

Y-a t-il un live de prévu ?

Oui, on ne va pas tarder à le préparer. Tout les deux, ça fait plus d’un an qu’on est pas monté sur scène. Là, on se remet en jambes ce soir en dj set et puis on en a 2,3 qui arrivent dans les mois qui viennent.
On espère pouvoir tourner un peu cet automne.

Toujours avec Franck Richard à la batterie ?

Pas au début, mais oui quand il y aura une batterie, ce sera Franck. On va démarrer en live tout les deux, avec des programmations pour la batterie, comme avec Rafale au début. Peut être aussi avec des pads, on ne sait pas encore, tu es le premier gars qui nous interview donc ça reste très ouvert quoi. Faudra venir au live !

On retrouve cette excitation du premier groupe et c’est hyper cool !

 

Merci à Julie & Patricia de Aoura et bien évidemment à Menthol pour cette cool interview !

Page facebook

Soundcloud

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s