Événements

PITCHFORK MUSIC FESTIVAL REPORT – J’ai pris 40 kilos de son et de hipsters dans la face

J’étais plutôt habituée aux festivals estivaux, baignés de bière, de soleil et de bonne humeur, à la Pitchfork c’est pas la même. Déjà c’est un évènement parisien donc composé à 80 % de parisiens, et ensuite, c’est au mois de novembre, ce qui sous entend que ça caille et qu’il n’y a pas de camping. Normal.
En arrivant, tu sens que les mecs sont pas la pour plaisanter quoi.

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DAY I:
A 21h00, la grande Halle de la Villette.
Si on ne savait pas que ces 26000m² était auparavant destinés à parquer des bœufs, on pourrait facilement croire que cet endroit aussi magnifique qu’imposant à été construit là dans le seul et unique but de secouer nos nuits. De dehors, vers la fontaine, j’entends déjà le rugissement électronique de Mount Kimbie, auquel pour dire vrai je ne m’attendais absolument pas.

Après avoir passé les 10 premières minutes à chercher l’espace média, parce que c’est un peu l’endroit ou il faut voir et être vu, j’ai réussi tant bien que mal à me faufiler devant Dominic Maker et Kai Campos, les deux génies de Mount Kimbie. Ces mecs ont dans leur musique, quelque chose de typiquement anglais, une sorte de facilité à tout faire, un emboitement pointilleux de sonorités mélangé à des rythmes qui frôlent parfois l’électro berlinoise et qui prennent le dessus sur les grosses basses dégueulasses dont certains artistes nous gratifient parfois, avec l’espoir que cela efface une certaine médiocrité. Mount Kimbie font partie de ces groupes qui ont encore tout à prouver, pour le meilleur.
Le concert se termine, tout va pour le mieux.

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Comme une gamine de quinze ans, je cours pour traverser la Villette afin d’avoir une place qu’on m’enviera devant Darkside, le groupe que j’écoute matin, midi, soir, à la messe, et dans mes vies parallèles. Le groupe est composé de Nicolas Jaar dont je ne suis pas peu fière de respirer le même oxygène, et de Dave Harrington.
Une boule tourne sur elle-même, jeu de lumière, un mec arrive sur scène, « des fans » crient le nom de Nicolas, c’est enfaite son technicien. « Golden Arrow » laisse entendre ses premières notes, je suis ravie, le mec est ouf derrière ses platines/son synthé, le son monte, les gens aussi, la pression quoi.
Dommage qu’il attende le moment précis où le son est censé exploser et où les gens sont à deux doigts de la syncope pour nous mettre un gros fist et changer de track. Même constatation pour la dizaine de sons qui s’ensuivent. Nicolas, qui nous a habitué à ses beats incendescant sur les melodies travaillées du feu de dieu nous offre un show sans saveur, sans couleurs, j’ai envie de chialer.
J’ai longtemps réfléchis à une manière subtile de vous dire que c’était de la merde et accessoirement ma plus grosse déception.

The Haxan Cloak, du BRUIT putain, j’ai perdu 40% d’audition.

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Heureusement, The Knife était là et promettait un show du tonnerre pour conclure la soirée.
The Knife, Karin Dreijer Andersson et Olof Dreijer, l’exquis mélange entre performance scénique, pétage de plomb, art, musique, épilepsie.
Faut avoir le cœur accroché.
Ils sont pour moi le genre de groupe qui donne du relief à un festival et qui donne à la musique électronique cette saveur si particulière.
Dommage que le duo suédois qui n’a plus à faire ses preuves et que nous étions ravie de voir performer se contente d’un playback.

DAY II.

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Quelques lignes pour vous parler des stands partenaires présents sur le site qui font qu’un festival est un festival.
Un stand boulangerie fort agréable m’a aguiché pendant 3 jours, des burgers à outrances et également des trucs bien de chez nous, comme du pot-au-feu, on régale les papilles de tout le monde, y compris des étrangers, venus en masse à cette manifestation.
Si tu es un wanna be hipster ou un hipster, tu avais également l’oppurtunité de refaire ou parfaire ta garde robe dans un Store monté en hauteur, un endroit parfaitement aménagé, composés de centaines de pièces aussi belles qu’inutiles. Vu le prix de la bière, je ne me suis pas laissé tenté, et ai revu l’ordre de mes priorités.
On ne va pas se mentir, vaut mieux pour toi que tu ais préalablement économisé un smic ou ton salaire de graphiste en devenir pour remédier à ta soif post/pré concert. Un système de monnaie spéciale Pitchfork, 1 rangée de 5 jetons pour 10 euros. La pinte à 3,5 jetons soit 7 euros, j’ai mal.
On n’a pas envie de vous conseiller de prendre vos précautions, munitions avant, mais seigneur PENSEZ Y.

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J’ai un peu la gueule de bois et je vais voir Connan Mockasin, de la pop néo zélandaise, psychédélique à souhait. Oui tu peux fumer des choses illicites avant, non nous n’encourageons pas ce genre de pratique. Je suis toujours impressionnée par ce genre de groupe plutôt mou mais qui correspondent totalement à l’image des festivals, une mise en bouche exquise avant le reste de la soirée, on en oublierait presque qu’il est 22heures. J’aime beaucoup la voix du chanteur qui me rappelle les voix des vieux poètes de blues, marquées par l’abus de whisky et de cigarettes consumées trop lentement. Rien que parce que ce mec à réussi à faire asseoir toute la salle, je lui tire ma révérence.

Devant Danny Brown, la foule se transforme, les barbus aux vestes militaires et bottines laissent places à des mecs portants des bonnets à l’intérieur et des nikes. Tout le monde s’est accordé à dire la même chose, le son était vraiment, vraiment, VRAIMENT dégueulasse, il y avait pourtant matière à faire. L’ambiance est quand bien même fort agréable, Danny est performant, il prend plaisir à être là. La meilleure chose du concert reste quand même le beatmaker, complètement malade le type, je peux vous dire que c’est un mec qui vit sa musique.

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On ne va pas vous faire l’affront de vous dire qu’on n’est absolument pas venu pour voir Disclosure, ce duo de frérot, Guy et Howard Lawrence, qui a, on peut le dire, explosé cette année. Sur scène, on dirait un bloc opératoire, derrière leurs platines respectives, les deux bambins de la nouvelle scène électronique ont l’air de pratiquer un véritable travail de chirurgien. Toute la salle les attend au détour, on est curieux de voir si sur scène, ils valent autant que ce qu’ils prétendent dans leur dancedrummusicpopanglaiseaswè. Ils ne mettent pas longtemps à convaincre, la grande Halle se transforme en dancehall géant où tout le monde prend un pied de malade guidé par la teinte un peu funk des sons dont nous gratifient les deux artistes qui ont à peine 40 ans à eux deux. Combo positif parfaitement aiguillé par un décor composé de ce visage de femme mobile, tout au fond de la scène, qui fait désormais leur identité. On comprend pourquoi le phénomène Disclosure a pris tant d’ampleur. Ils méritent ce succès.
Mention très bien. J’en reveux, j’ai encore faim.

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DAY III:

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J’ai beaucoup la gueule de bois et je me dirige vers Youth Lagoon, auteur interprète américain de 24 ans. Youth Lagoon, c’était mon coup de cœur découvert il y a un an, coup de cœur qui n’a fait que se confirmer sur scène. J’ai alors à faire à un gros paradoxe, tout est très travaillé, et Trevor arrive à faire de sa musique légère, bien que complète, un champ immense semé d’embûches et d’obstacle, il est dur de percer son univers. Le petit génie (car génie il y a) ne se planque pas derrière son synthé mais s’acharne dessus, comme possédé, afin de lui faire sortir tout ce qu’il a dans le coffre. Youth Lagoon est fait pour jouer sur scène, ça ne fait aucun doute. Un set construit majestueusement d’un bout à l’autre qui nous emmène à « Daisyphobia », apothéose de la performance du jeune artiste, « Daisyphobia » à la mélodie aussi grave qu’entraînante, qui monte, qui explose et qui nous laisse haletants lorsque BATHS de l’autre coté de l’immense salle commence son show.

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BATHS : un mec en pyjama et lunettes, des cris, des pétages de plombs derrière platines, des cris, de la lumière bleue, des cris.

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J’aurais aimé filmé vos tronches quand Omar Souleyman est arrivé sur scène en djellaba, moustache et lunettes noires. L’ENORME surprise du festival, l’éclat de rire collectif, les yeux hallucinés, la détente. Il n’y a pas énormément à dire, Omar, le visage neutre, chante en psalmodiant sur fond de musique orientale teintée de soleil et ne met pas longtemps à convaincre la foule qu’il ne s’est pas trompé de festival. Calore, premier degré et ambiance bon enfant.

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Il est difficile de parler objectivement de Yo La Tengo en sachant que je DETESTE ce genre de rock indé. Malgré ceci, le son était correct, les gens avaient l’air contents, moi j’ai trouvé que tout se ressemblaient, que c’était long et j’attendais Hot Chip. Je vais sans doute me faire incendier car OUI c’était une tête d’affiche, mais NON je n’ai pas aimé.

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Panda Bear n’aura pas reussi à me faire pénétrer son univers. Pas de réelle performance scénique, en bref, il était là pour être là.

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Les cinq potes d’Hot Chip n’ont pas fait dans la dentelle en nous consumant direct à grands coups de « Don’t Deny Your Heart », un des titres phares de leur dernier album. Hot Chip se met en quatre pour embraser la salle. Le groupe électronique teinté de pop légère et dansante ne s’arrête pas là et nous réserve une surprise de taille en faisant monter sur scène Yo la Tengo. En symbiose totale et comme s’ils avaient fait ça toute leur vie, ils nous réjouissent d’une reprise de « Pale Blue Eyes » de Velvet Underground. Un bel hommage.

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J’en arrive enfin à A-Trak, Alain le bon, Alain le beau, Alain le prodige. Le seul artiste à être programmé après 02h00, contente. A-Trak, champion des DJ dès l’âge de quinze ans n’est pas là pour prouver quoi que ce soit mais bel et bien pour nous faire kiffer à grand coup de mix hip hop/electro. Une vraie girouette. Une chose est indéniable, mêlant rythme, danse derrière ses platines, remix qui font plaisir à entendre tels que Clique, Niggas in Paris, Heads will Roll, A-Trak n’est pas venu pour faire des gaufres. Un vent de légèreté et de vapeurs illicites plonge la grande Halle dans une ambiance effrénée, il sait que c’est la fin, nous aussi. On donne tout, et plus encore.

Bilan final : On en a pour son pognon.

Vous pouvez toujours checker notre report video:

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