Événements

Cabaret Vert- REPORT- On est venu, on a bu, on a vaincu.

DAY I –

Le Cabaret Vert, c’était la première fois où j’avais accès à l’espace presse à droite sur le chemin entre les deux scènes. Je ne vous raconte pas qu’elle était ma joie quand j’ai mis autour du cou pour la première fois le bout de plastique avec inscrit  » média  » que Delphine la chargée de communication du festival m’a gentiment amené en mains propres quand j’étais entrain de mourir de chaud et d’impatience avant l’ouverture du camping. D’ailleurs j’ai appris une chose, il est assez mouvementé de cumuler l’amusement insouciant et alcoolisé d’un festival avec la responsabilité d’assurer des interviews et d’avoir l’air serein à l’espace presse. C’était un peu physique mais instructif.

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Après quelques trois heures de voyage en train à ressembler à des clochards, quelques regards complices échangés avec les autres festivaliers sur les quais des gares et quelques demi-heures d’attente pour l’ouverture du camping, j’ai enfin obtenu le bracelet trésor passe-partout. Celui qui te permet de vivre en autarcie pendant quatre jours en compagnie de personnes qui comme toi, aiment la musique, qui comme toi seront dégueulasses une demi-heure après leur arrivée et qui comme toi iront pisser leurs bières dans des toilettes sèches, festival écologique oblige. Toutes les conditions étaient réunies pour passer un merveilleux moment. C’est dans cette optique je m’en suis allé quelques temps après mon arrivée et l’installation plutôt laborieuse de ma tente, en direction du festival. La grande prairie qui mène à la fouille me met déjà dans l’ambiance. Non ce n’est pas la fin de l’été, il va durer quatre jours et ça ne fait que commencer. Un peu stressée et armée du passe-partout, je rejoins l’espace presse. Un espace magnifique où je suis tout de suite prise en grippe pour une conférence sur l’économie du festival avec le ministre du budget Bernard Cazeneuve, rien que ça. Ça n’a pas l’air d’intéresser tant de jeunes médias que ça mais c’est toujours bon de voir ce qui se passe derrière la scène. Après cette conférence je commence la visite. Un espace aménagé sur deux étages avec une terrasse immense, un bar, un local presse, des salles d’interview mieux aménagées les unes que les autres, une deuxième terrasse en haut avec vue sur la scène Zanzibar et un espace composé de canapés donnant vu sur la scène des Illuminations. On a rarement vu ça. Après avoir rencontré Amaelle grâce à qui j’ai obtenu deux interviews de plus je suis repartie à ma tente bien décidé à vous rapporter les bonnes phrases et les bons mots des concerts qui allaient suivre. A 20 heures, sur la scène des Illuminations, Alt-J a donné le ton.
Avant d’arriver je savais que je ne serai pas déçue, c’était mon meilleur concert et de loin des Eurockeennes de Belfort. Ça n’a pas loupé, les premières notes m’ont tout de suite mise en condition. Rappelée à l’ordre par  » Fitzpleasure « , un de leurs titres les plus électroniques, une question s’est posée à moi devant  » Breezelocks « qui restera sans conteste ma préférée et également la chanson phare du festival :  » bordel mais qu’est-ce que ce groupe a de plus ?  » La réponse était là sous les yeux, les quatre artistes n’en font pas trop, ils jouent leur musique sur fond d’instrus reconnaissables entre milles, de voix clairettes et de paroles qui se suffisent elles-mêmes. Ils sont tout le temps à la limite, à nous titiller la corde sensible, on ne sait pas si on doit rire, pleurer, s’embrasser mais tout le monde est heureux d’être là et après tout n’est-ce pas le propre même d’un festival?
C’est après cette bonne mise en bouche et complètement émerveillée que je suis retourné boire l’apéro à ma tente en compagnie de gens tatoués et rasés. Ce n’est qu’à 23 heures que je suis retournée sur le festival afin de garder jalousement des places pour le concert de Major Lazer. Peine perdue, j’ai du bourriner comme un boeuf afin d’atteindre des barrières. Après quelques coups d’épaules donnés et reçus, je tiens le Saint Graal et en levant la tête Diplo au-dessus de moi dans une grosse boule en plastique, normal.
Un live de Major Lazer c’est simple, c’est la fête incarnée. Les gens ne viennent pas tant pour écouter la musique (déception Jessica n’est pas passée et qualité de son médiocre) mais pour regarder le spectacle, les danseuses, les drapeaux, des décibels sûrement illégaux dans les oreilles et suivre les ordres d’un kebla qui gueule dans un micro.

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J’ai rarement vu des artistes s’amuser autant que Major Lazer a pu le faire sur scène pendant le concert. Comme on était pas sage et que c’était bien, on a eu droit à une reprise de « Papaoutai » de Stromae et on a tous fini à poil. C’était un très bon moment. Je suis partie un peu avant pour assister au concert que j’attendais le plus de la soirée, celui d’Amon Tobin. Amon qui à la base compose des musiques plutôt visuelles et cinématographiques, comme des bandes-annonces de jeux vidéos, mais qui était là ce soir en gros bourrin grâce au projet Two Fingers. Effectivement, on s’est fait bousculer . Encore une fois tout devant, nous avons pu l’admirer de près. Il trônait là, imperturbable, à nous envoyer de l’énorme son dans les oreilles et un bon jeu de lumières dans les yeux. Cet enfoiré alternait les grosses montées en puissance intenables qui te donnaient envie d’exploser, avec des phases de dubstep carrément magiques. Il emmenait les gens où il le désirait. C’était la fin de soirée,tout le monde était à bloc et il le savait. Le tout donnait un public tête baissée, yeux vitreux et mains en l’air. On prenait cher mais on adorait ça. C’est enivrée de son et d’éthanol que je suis retournée à ma tente où j’ai trouvé quelque chose qu’il serait indécent de vous décrire mais je ne pouvais visiblement pas l’investir pour la nuit. C’est comme ça que je me suis retrouvée dans le camping à chercher âme charitable et que j’ai fini par dormir dans un lit deux places, dans un camion. Easy

DAY II –

C’est en me réveillant difficilement et en me dirigeant vers l’espace presse (en passant par la case douche froide) que je me suis fait l’énième promesse d’arrêter de boire.Il était 13 heures et je ne savais pas encore dans quoi je m’engouffrais. À 14 heures c’est entre 2 l d’eau et juste avant l’interview avec Gérard Baste et Dr Vince que j’ai rencontré Adrien, un mec de la radio RCV Lille qui m’a prêté son matos pour les interviews. C’était la première fois et j’étais franchement pas fière. Lorsque Baste et Vince sont arrivés et après quelques courtoisies en bonnes et dues formes, je les ai suivis à l’espace des Couteaux Suisses, espace réservé aux artistes, qui leur permet de boire un coup, de discuter et de faire des choses que je ne raconterai pas. Ambiance conviviale donc pour l’interview qui a quand même duré pas loin d’une heure et qui s’est très bien passée. Elle sera en ligne d’ici quelques jours . Après ça j’interviewai DSL que vous avez pu lire ici : http://wp.me/p2x2S3-HK
Ils étaient arrivés avec quelques membres du Qhuit et l’ambiance était franchement sympa. Tu m’en diras tant, au moment où j’allais partir je me suis fait engrainer à boire quelques bouteilles de champagne en leur compagnie. On s’appelait Doudou et on a parlé de tout et de rien. Ils jouaient le soir même en équipe pure et dure sur la scène prometteuse du temps des cerises. J’ai dû passer deux bonnes heures en leur compagnie puisque les DSL m’ont dit de leur renvoyer un texto afin de les rejoindre pour un quelconque after. J’aurais du me dire à ce moment-là que ça sentait le traquenard à plein nez. Après maintes coupes de champagne et après avoir tiré un trait définitif sur ma bonne résolution du matin, je suis allée faire un tour sur le festival. Même à 17 heures, le site à tout un petit monde que rien ne peut perturber. On pourrait vivre là une décennie grâce aux stands proposés par l’organisation. Des stands plus variés les uns que les autres : bar de fruits, crêperie, bar à eau, bar sans alcool, nourriture du terroir; tout est propice à l’écologie, la variété, la différence, le naturel, le développement durable. On se sent bien, on a envie de rester assis pendant des heures à regarder les gens passer, le sourire bien accroché aux lèvres. Comme quoi une brochette de fruits, ça refait un homme.

C’est après une petite sieste qui fut la bienvenue qu’on s’est dirigé, avec ma troupe, sur les concerts. Crystal Castles était un peu le groupe que je rêvais de voir depuis ma tendre adolescence, celui qui m’a fait découvrir qu’il y avait autre chose que le rock et que l’électro était son devenir. J’en attendais beaucoup. C’était un concert électrique et électrisant au son d’un synthé dégoulinant d’électro punk/rock, de lumières hypnotisantes et d’une Alice Glass toute en beauté qui s’est d’ailleurs avalé une bouteille de whisky pendant le concert, excuse toi. Un enchaînement parfait de leur nouvel album et de chansons plus anciennes. Même à bout de forces, nous changions de galaxie entre  » Baptism « ,  » Vanished  » qui mettaient tout le monde d’accord ou des sons comme « Crimewave« , une belle manière de nous dire « reposez-vous les enfants,ce n’est pas fini ». Je leur décernerai bien la toilette sèche d’or du festival. Alice Glass, comme à son habitude nous a sauté dessus, ce qui n’était fort pas pour me déplaire. Les gens qui sont venus à ce concert savaient à quoi s’attendre ,connaissaient les personnages, les paroles, la musique, c’est ce qui nous a donné une fosse parfaitement soudée et une ambiance épileptique. Petit bémol pour le son saturé du micro, quasi inaudible.

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Avec l’impression de sortir d’une énorme soirée messe dans un cimetière, je me suis dirigé tant bien que mal à la scène du temps des cerises pour la Qhuit Partizzz ou DJ Gero, Drixxxe ainsi que DSL, Baste et Vince étaient là à prendre du plaisir et à en donner au public. C’était frais comme une partie de billes entre gamins. J’ai pas vraiment compris comment mais sur ordre de Baste je me suis retrouvée soulevée de terre par le vigile et posée sur scène avec d’autres personnes du public. Tout le monde dansait, on alternait les compos, les DJs, les mixs. Ce qui est bien avec les petites scènes c’est que c’est fédérateur, une ambiance rurale où on se fait des bons copains et où on paye des coups aux voisins.

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La Qhuit Partizzz finie, j’ai suivi DSL à l’espace presse afin de reprendre leurs affaires puis nous sommes retournés derrière la petite scène où avait lieu l’after avec les autres artistes.

DAY III –

J’attendais avec impatience la soirée du samedi soir qui paraissait on ne peut plus prometteuse. J’ai passé tout l’après-midi à l’espace presse afin d’écrire déjà les grandes lignes de ce reportage. J’ai également rapidement rencontré les Two door cinema club qui étaient assis à côté de moi. J’ai aussi accompagné Adrien, le mec de RCV à son interview de la chanteuse de Bomba Estéreo, petit groupe d’électro colombienne. Elle parlait espagnol et ce qu’elle disait avait l’air fort intéressant mais je n’ai rien compris. À 23 heures il était grand temps de rejoindre la scène des Illuminations où Gesaffelstein promettait un show de malade.

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C’est aux barrières tout devant que j’ai rencontré Damien, le copain d’Unclesound, bel hasard! Gesaffelstein m’avait tellement déçu aux Eurockeennes avec son set tout moisi où j’ai cru qu’il passait un CD que j’étais bien décidée à ne rien laisser passer. Comme à son habitude il est arrivé sur scène en costume, clope au bec, plus transpirant d’indifférence et de charisme que jamais. As usual, on se prend « OPR » in nos faces, l’air de rien, envoyé depuis une platine à l’allure de pierre tombale. J’ai l’impression d’assister à une messe noire et lui en sombre prêtre de l’électro, tient la foule du bout des doigts. Il enchaîne ses titres les plus connus « Hatred », « Viol », « Pursuit » et des remixs qui ont fait sa réputation. Autant de sons parfaitement calés les uns au bout des autres, crachés par des enceintes qui nous balancent 25 kg de basses à la seconde. Nous étions sur une autre planète. Brodinski qui admirait le spectacle caché sur le côté de la scène (mais rien n’échappe à Trainee Record) avait l’air de prendre son pied aussi. L’impossible rappel mais ayant des horaires bien calés, les artistes ne peuvent nous faire la faveur de revenir.

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J’ai ensuite attendu Louis Rogé aka Brodinski comme une malade pendant une heure, bien attachée à la place tout devant au centre et décidée à ne laisser personne me la chourrer. Il kiffait déjà avant de commencer à mixer. Son énergie débordante et son plaisir d’être là se sont fait ressentir à chaque minute de la performance dont il nous a gratifié. Derrière moi une ambiance toute autre, mais tout aussi agréable et explosive que celle du concert de son grand copain Gesa (qui au passage se prenait des grosses soufflettes par un mec en toge blanche sur le côté de la scène, normal). Je ne répondais plus de rien et c’était la guerre. Les enceintes dégoulinaient d’électro à la saveur berlinoise comme le jeune prodige de Bromance sait si bien le faire. Je crois que c’est à ce concert que j’ai égaré ma voix, ma dignité et que j’ai récolté un bleu sur le ventre de la taille une pastèque, putin. C’est après une remixe de Beyoncé et du titre « Pursuit » de son prédécesseur que Brodinski finira ce set magique en beauté sur les notes de « Dance likes machines » qui nous a rendu totalement oufs. Notez qu’il est très dur de finir un concert sur des sons comme celui-ci et de rentrer paisiblement dormir à sa tente.

DAY IV – lejouroùonmacarotemontelephone.

En temps normal le dimanche n’a déjà pas la saveur des autres jours de la semaine mais un dernier jour de Cabaret c’est encore pire que tout. Après m’être rendue compte que je n’avais pas mangé pendant trois jours, j’ai rassemblé mes dernières forces pour engloutir une brochette de fruits bio et une crêpe tomates/chèvre parmi les nombreux stands plus alléchants les uns que les autres dont je vous parlais un peu plus haut. Dégusté devant Mila Marina, rien a le même goût. La petite chanteuse harpiste et ses musiciens avaient élu domicile pour une heure sur la scène des Illuminations et nous réjouissaient les oreilles en ce dimanche un peu mélancolique bien qu’ensoleillé. Une harpe accompagnant de la musique électro, c’est le mariage impensable et accessoirement un viol auditif. Il fallait y penser, Mila Marina l’a fait. Je suis transcendée.
Heymoonshaker nous ont également donné bien du plaisir à 18 heures. C’est accompagnés de Valérie June qu’ils ont fait monter avec eux sur scène, que le petit prodige du Beatbox et son guitariste ont pris possession du public grâce à leurs compos hyper fraîches, remplies d’entrain, de bonheur et de légèreté. C’est Keny Arkana et sa troupe qui concluront d’une belle manière ces quatre jours heureux et insouciants. J’ai eu l’immense chance de pouvoir encore une fois rejoindre l’after avec les artistes derrière la scène du temps des cerises pendant que celle-ci était prise d’assaut par les chanteurs et DJs qui se relayaient afin de donner du fil à retordre aux tympans des 1500 bénévoles qui ont tout donné et plus encore afin d’assurer la réussite de ce festival hors du commun.

Conférence avec Bernard Cazeneuve, le ministre du budget.

L’étude économique présentée ici se base sur des principes propres au Cabaret Vert: la valeur solidaire, la valeur environnementale, la valeur locale dans le but de valoriser le territoire des Ardennes. Monsieur Faustier a pris la parole en premier pour nous parler des frais d’organisation et des acteurs économiques. En 2010 sur un panel de 700 personnes sur trois jours, les dépenses des festivaliers s’élevaient à 1,7 millions d’euros et 90 % des personnes interrogées étaient favorables à ce que le festival continue. Le ministre à ensuite pris la parole, la section culture vise à aider les créateurs, 95 % va au crédit et à la diffusion, 5 à 10 % vise à la création.  » investir dans la culture c’est investir dans l’attractivité des territoires ». Parmi les 75 000 visiteurs beaucoup viennent d’ailleurs. Le ministre a précisé que l’argent public bien investi était un bon argent privé et que la dépense publique était maîtrisée. « J’essaye d’avoir le silence utile » a-t-il précisé, sûrement un clin d’œil à Jérôme Cahuzac. Les organisateurs s’investissent également énormément. Charleville-Mézières est également considérée comme une ville différente par sa création particulière, son architecture particulière et la naissance de son poète Rimbaud qui y a laissé son âme et ses vers. Le ministre terminera sa conférence sur un brin d’humour : « quand on m’invite quelque part, on s’assure que je vais donner et ne pas prendre, là on était pas sûr ».

Remerciements à toute l’équipe d’organisation du Cabaret Vert, aux bénévoles, aux techniciens, à Couteaux Suisses et notamment Eugénie qui m’a permis l’accès à des endroits que je ne pouvais à la base pas fréquenter, à toutes les personnes de la sécurité, aux artistes, à Delphine, Amaelle, aux festivaliers, aux toilettes sèches, aux valeurs du festival. Je reviendrais

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