Événements/Interviews

L’interview FAUVE. (@ART ROCK 2013)

fauve

Durant Art Rock, on a retrouvé le mystérieux collectif  FAUVE dont on arrête pas d’entendre parler en ce moment.

Malheureusement pour moi, je n’ai pas pu me faire un avis sur leur live, celui ci étant sold out.

C’est donc aux cotés des confrères de chez French Music Academy & Je ne suis pas une fille que j’ai interviewé le corp à La Chapelle Lamenais, à Saint-Brieuc à l’occasion d’une « mini conférence de presse ».

Question : Fauve : c’est qui, c’est quoi, d’où vient l’origine du groupe ?

Billy* : Fauve cela a été créé il y a à peu près 3 ans maintenant, le temps passe vite, on se décrit comme une sorte de collectif ouvert.

C’est à dire qu’aujourd’hui on est 5 personnes dans Fauve, nous ne sommes pas que des musiciens, nous sommes également vidéastes, nous sommes 5 personnes dans le noyau dur, le cœur du projet, mais on est une vingtaine de personnes à contribuer à Fauve de manière plus diffuse et assez fidèle au projet.

Jean Michel : On s’est construit il y a 3 ans, on a commencé il y a 3 ans, à la base on était moins nombreux mais au fur et à mesure il y a plein de gens qui se greffent et plus on est nombreux plus on est forts.

On est amis de longue date, et on avait besoin de faire quelque chose un peu de plus bandant que nos routines, qui nous mettait dans une espèce de marasme pas très agréable et on avait besoin de trouver une soupape à ça  et on a commencé à bosser ensemble sur Fauve. Ça a été d’abord plus de la musique, ensuite cela a pris une dimension collective et depuis le truc s’est vachement accéléré mais voilà on a envie de continuer sur cette dynamique là, et tu vois aujourd’hui on est 5,6 dans le noyau dur, il y a pas mal de gens qui sont avec nous pour nous épauler, pour essayer de décliner le truc sur le plus de supports possibles et l’idée c’est que l’on soit plein à terme.

Avec le temps que l’on a en ce moment c’est un peu compliqué à gérer , on essaye de se concentrer sur les piliers centraux de la question, c’est à dire les chansons, les vidéos, les visuels et les concerts,  et aussi tout ce qui est habits c’est un truc qui nous botte pas mal mais à terme voilà c’est essayer de faire que Fauve soit vraiment un collectif ouvert, dense et multiple.

Q. Comment vous arrivez à garder une cohérence en étant aussi nombreux, comment cela se passe ?

Jean Michel : en vérité, nous ne sommes pas non plus 10 000 et du coup c’est quand même le noyau dur qui donne un peu le tempo et ensuite on sollicite, les personnes répondent oui ou non, mais c’est dans une optique de collaboration de toute façon. On ne délègue pas les choses, on ne prend pas les choses.

L’exemple des affiches : récemment on voulait faire des affiches pour décorer la salle de la prochaine soirée qu’on fait, Nuits Fauve, et on a fait appel à des gens qu’on connaît plus ou moins qui savent faire ça.

C’est le propre d’une collaboration, chacun est à l’écoute de l’autre, cela se fait spontanément, tu ne te poses pas trop la question de vérifier.

Patrick : C’est amusant d’avoir un regard extérieur sur Fauve au final.

Billy : le noyau dur c’est un peu comme dans un journal ou un magazine, un pôle éditorial qui est un peu responsable de s’assurer que tout reste cohérent et finalement nous on fait un peu ça, on travaille avec pleins de gens parce que l’on est complètement incapables de tout faire tout seuls, et qu’en plus on a envie d’enrichir le projet avec pleins d’autres personnes parce que ça rend le truc à la fois plus amusant, plus enrichissant et plus fort et on est un peu garant de ça. Et je rebondis sur ce que disait Jean Michel, c’est là dessus qu’on insiste vraiment : c’est collaboratif.

Jean Michel : Oui, il n’y a pas de surveillance ou quoi que ce soit, quand une fois tu contactes quelqu’un que tu connais quand même un peu et que tu connais son travail et cette personne connaît le tien, tout naturellement les choses se font dans le respect de l’autre, c’est le propre d’une collaboration. Donc finalement ce n’est pas dur, il n’y a pas de difficultés à faire que telle ou telle collaboration soit « Fauve ».

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Q. Vous avez envie d’aller au delà de la musique ? Quel est l’objectif ?

J-M : Justement, l’objectif c’est que, encore une fois, on envisage ce truc là depuis quasiment le début comme quelque chose de protéiforme, qui n’a pas vraiment de limites et c’est selon l’envie. Parce que tout est bon à prendre, tout est bon à t’ouvrir l’esprit, à te donner le sentiment de créer quelque chose, que ce soit de la musique, même juste des textes à la base, des vidéos, des visuels, des sapes dont on parlait, des affiches… On le fait pour les concerts.  Mais on ne fait pas que des concerts, on fait aussi des soirées différentes, par exemple pour la sortie de l’ep lundi on fait un barbecue tu vois, ce sont des trucs qui se sont fait spontanément dès le début. On a besoin de se défouler, on a besoin de créer quelque chose, on a besoin de se changer les idées et tout, donc on va le faire de la façon la plus large possible. Parce que l’envie était très forte.

Q. Est ce que vous pensiez que le projet allait prendre autant d’ampleur que cela ?

Jean Michel : Qui peut savoir ça ? Les gens qui pensent ça, et qui se disent « si je fais ci, si je fais ça, ça va prendre telle ampleur » ils ont un problème dans leur tête. Non évidemment tout les jours on est sur le cul quoi, mais c’est une super belle histoire mais en même temps il y a un coté quand même gentiment terrifiant dans le truc aussi. Ce n’est pas évident d’être exposés comme ça, comme on a l’impression d’être, après  ce sont des signaux que l’on nous envoie tu vois, je ne sais pas, personne n’a d’objectivité là dessus, tu ne peux pas quantifier l’exposition du projet Fauve. Mais de ce que l’on voit, il y a truc assez costaud et ce n’était pas pensé pour ça. Tu te retrouves à devoir adopter certaines attitudes ou certains trucs pour expliquer ton projet ; dans la cadence, dans la façon avec laquelle tu travailles tu vas peut être avoir plus de « comptes à rendre » et on n’avait pas fait ça pour cela à la base, c’est tellement inattendu.

« On avait juste besoin d’être ensemble et de faire quelque chose de nos dix doigts pour nous sortir la tête du cul et de la routine et tout ça. »

Après évidemment tout le monde cherche de l’estime dans sa vie, il faut arrêter de se mentir deux minutes, que tu sois médecin, avocat, ou je n’en sais rien moi, charpentier de marine ou que tu fasses de la musique ou un projet artistique comme passe temps tu cherches toujours de l’estime, c’est normal. Mais finalement l’estime tu l’attends juste de la part de tes pairs, de tes proches, de ta famille, de tes potes et tu dis « bah je vais essayer de faire quelque chose parce que j’en ai besoin » mais si cela peut au passage être validé par ces gens là c’est super, c’est très bien. Mais ça s’arrêtait là tu vois, et il n’y a pas d’altruisme, faut pas non plus se mentir. Mais ce n’est pas grave. Et du coup on était dans de schéma là et on était très contents de se défouler, de faire des trucs et puis d’avoir ce projet un peu multi-supports c’était super épanouissant pour nous. Alors après tu as plein de galères, c’est compliqué  de trouver ton truc, d’arriver à t’exprimer comme tu le voudrais, d’arriver à dire tout ce que tu as envie de dire et il y a pleins de choses difficiles, il y a quand même pleins de moments douloureux dans la façon de créer, etc. Mais on était supers contents déjà d’être tous ensemble, de faire des chansons, des vidéos, des concerts, c’était maigre en terme de dates mais bon… Et puis là le truc Booom (il mime une explosion avec ses mains). Dans le sens où c’est un truc hyper soudain, totalement imprévisible par rapport auquel tu as l’impression d’être peu responsable finalement, quand on voit l’état de maturité du projet on trouve que ce qui se passe aujourd’hui c’est assez injustifié, c’est un peu exagéré, même carrément, on se sent assez peu légitimes finalement de cette exposition, c’est d’ailleurs pour cela que l’on essaye de faire un peu gaffe sur la promo les trucs comme ça, et donc il y a la notion de.. comme un accident de voiture, mais en positif quoi. Tu n’es pas vraiment responsable de ce qu’il t’arrive, mis à part le fait que tu as regardé ton téléphone alors que tu traversais la rue.

Billy : C’est comme si on avait gagné au loto quoi.

Jean Michel : Ouais avec tout ce qu’il y a de compliqué quoi. Moi j’ai vu des émissions sur les mecs qui gagnent au Loto, c’était pas très marrant hein, c’est assez glauque en fait.

Q. Et comment vous pouvez expliquer l’engouement autour du projet, justement ? Le projet est né il y a 3 ans, mais personnellement moi j’ai commencé à entendre parler de vous en octobre, c’est tout récent. Il y a eu une de vos musiques sur une compile Kitsuné, j’imagine que plusieurs labels vous ont sollicités…

Billy : Cela a commencé il y a 3 ans mais publiquement on a commencé à sortir des choses depuis 1 an et demi, et les choses se sont accélérées il y a 6 mois, vers octobre, cela coïncidait avec deux choses : on a sorti une chanson qui s’appelle « Nuits Fauve » qui bizarrement a eu pas mal de résonance, on ne sait pas trop pourquoi, c’est passé à la radio etc… Ce n’est pas du tout une chanson taillée pour la radio quoi.

Cela coïncidait aussi avec le fait que on a commencé à faire des concerts et pareil, on était sur le cul, c’était notre tout premier concert, beaucoup de personnes ont commencé à nous suivre, cela a du commencé à ce moment.

Mais alors l’expliquer, c’est difficile, on nous pose souvent la question « comment vous expliquer qu’il y ait des gens qui vous suivent », nous on ne se la posait pas mais maintenant on se la pose. On réfléchit un peu et on se dit que les gens doivent sûrement se retrouver un peu dans les textes, parce que on parle de nos vies, on raconte des choses assez banales, nos soucis, nos galères, nos joies qu’on partage.

Jean Michel : Mais finalement, quand tu parles de ta vie normale en essayant, par le texte et tout le projet qui avec, de lui donner un espèce de sens, parce qu’il s’agit beaucoup de ça dans le travail que l’on fait, tu finis par comprendre que toutes les personnes qui ont la même vie que toi, c’est peut être logique finalement qu’elles se reconnaissent, il y a un espèce de sentiment de familiarité, de proximité.

Donc c’est peut être ça qui explique le truc. Après ça explique une certaines quantité de réactions et un certain type peut être d’emballement tu vois, mais ça n’explique pas l’ampleur du truc comme en tout cas on nous le fait comprendre aujourd’hui . C’est pour ça que non, il n’y a pas vraiment d’explication à cela. Peut être internet.

Billy : Il y a clairement un emballement, ce qu’on appelle un « buzz », c’est à dire que les choses qui se montent et qui se chauffent un peu toutes seules. Je veux dire que l’on sent que quand t’as un ou deux média qui a parlé du truc, le média qui n’en n’a pas parlé va se dire « si je n’en parle pas je vais être ringard », il ne va pas en parler pas parce qu’il aime bien, il va en parler parce que c’est le truc du moment donc il faut en parler. On est quand même méfiant par rapport à l’emballement médiatique, parce que il y a aussi des mauvaises raisons.

Il y a un truc très propre aux médias « pros » tu vois. C’est pour ça comme aime bien faire des interviews avec des gens comme vous, qui comme nous ont un projet mais qui font ça en plus de leur vie et tout ça, parce qu’il y a un coté genre beaucoup plus désintéressé et juste curieux du truc, contrairement aux médias professionnels qui doivent vendre du papier et donc du coup ils vont avoir tendance à faire des trucs pour vendre.

Donc d’une manière générale non, on ne l’explique pas, on ne le comprends pas, et c’est pour ça qu’on s’en méfie parce que nous sommes des gens assez terre à terre et on a tendance à se méfier des choses qui n’ont pas d’explications scientifiques et c’est pour cela que l’on y va en marchant sur des oeufs de plus en plus.

Billy : Au delà de l’expliquer, ça peut avoir des conséquences négatives et cela créé un jugement de la personne qui ne connaît pas.

Mais on serait pareil. On nous parle d’un truc, on nous rabaisse les oreilles avec ça, au bout d’un moment quand tu vas écouter tu t’attends à quelque chose à la hauteur.

Si les gens me disent « c’est un phénomène, mais c’est génial, c’est fou » moi je vais écouter, franchement je trouve ça juste bien. Ouais en fait c’est de la merde quoi, tu trouves ça moyen. Et tu vas être deux fois plus dur avec ça.

Un peu comme Kill Bill. Moi Kill Bill on m’a dit que c’était Chan-mé. Je suis allé voir Kill Bill j’étais super déçu je trouvais ça vraiment pas terrible. Et en fait je l’ai revu un peu plus tard et finalement je trouve ça bien.

Jean Michel : Je suis le premier à saouler les gens avec des films comme ça « c’est incroyable, c’est extra ordinaire » et puis après les gens me disent « ouais c’est bien t’es gentil mais tu m’as un peu niqué le truc.

J’aime bien raconter le film pendant le film tu sais, genre « attends fais gaffffe »

Billy : Ça c’est insupportable ! (rires)

Jean Michel : Je pense que l’on n’est pas  du tout tirés d’affaire. On va au devant de pas mal de tracas à ce niveau là.

Ça nous fait grave chier quoi, mais à un point…

T’as l’impression d’être obligé de se justifier, il y a un climat de suspicion qui est trop relou genre parfois on nous relait des articles c’est assez dingue.

Billy : Et puis il y a des mensonges quoi, genre tu lis des trucs « Ouais Fauve en fait c’est deux mecs qui travaillent pour une agence de pub »

Jean Michel : Ça c’est super drôle !

Billy : Ou alors « En fait c’est orchestré, les mecs sont pas sincères » si jamais les mecs sont pas sincères, notre cd il serait gratos…

Jean Michel : C’est ça qui est emmerdant on n’a jamais fait ça pour ça, on a fait ça pour aller mieux, on commence à souffrir de ce truc là mais on essaye de protéger Fauve un maximum, c’est un peu une partie de nous même et donc du coup je pense qu’il va falloir un peu de temps avant que tout cela soit un petit peu derrière et qu’on puisse juste arrêter de se prendre la tête avec ça.

Mais même le fait d’en parler ça donne de l’importance à cette tendance là et c’est débile en fait, mais c’est vrai qu’on ne peut pas vous cacher que cela nous préoccupe un petit peu, de devoir être remis en question sur un truc dans lequel t’as mis tout. Je ne me suis personnellement jamais autant investi dans quelque chose que dans Fauve a part dans une relation amoureuse, et encore…

Physiquement, mentalement, c’est un sacerdoce j’ai l’impression que depuis quelques temps on est tous rentré dans les ordres, on est moines au service du projet et il faut que cela soit « le plus Fauve possible ». Et quand tu fais ça avec autant de dévotion, de sincérité et de dévouement et que tu te fais tacler pour des trucs de suspicion à la con c’est juste stupide. Les bras t’en tombent tu te dis « putain mais les gens sont vraiment teubés quoi ». On ne va pas aller faire une interview télé pour expliquer le truc, pour être convaincant ou je ne sais quoi, on ne va pas aller dans un studio pour avoir vraiment un son qui tabasse pour mettre tout le monde d’accord, ce serait vraiment une connerie. Donc voilà, en vrai, soyons honnêtes, on n’a pas tant le temps que ça à se poser des questions comme ça, on passe le plus clair de notre temps à bosser.

Billy : Y’a un truc qui est ouf quand même..

Jean Michel : Je parle beaucoup ?

Billy : Je pense qu’ils ont posé trois questions et ça fait une demi heure. (rires)

Jean Michel : On est les champions de ça, des réponses très compliquées à des questions très simples.

Billy : On rebondit sur ce que chacun dit à chaque fois.

Jean Michel : D’ailleurs les autres membres se sont cassés, ils devaient en avoir marre haha. (Ils sont partis pour une autre interview)

Q. Moi j’ai envie de partir sur les paroles de Blizzard. Le blizzard, c’est quoi finalement ? Un genre de spleen ?

Jean Michel : Le blizzard c’est la dépression. Ce qu’on ce dit entre nous, c’est qu’il y a le blizzard dedans et le blizzard dehors.

Il y a cet espèce de blizzard de vent glacial et violent qui souffle dehors et qui te traverse la tête et qui emporte tout sur son passage. C’est la dépression que t’as dans ta tête, et la dépression ambiante de tout les autres, qui, mis ensemble fait aussi un truc extérieur à toi. C’est les ténèbres quoi. La tristesse, le mépris de soi même, le mépris des autres, la cruauté, l’égoïsme, c’est le mal quoi en fait.

Billy : C’est une sorte de condensé de toutes les sortes d’agressions que tu peux avoir  qui viennent de toi même, tes propres démons, tes angoisses, tes défauts.

Il y a un peu ce truc comme dans Astérix, « La zizanie », c’est genre ce truc qui contamine tout le monde tu vois. Pour résumer, c’est la tristesse, que ce soit la tienne ou celle des autres. Parce que l’on est comme ça, on a été comme ça et que l’on fait Fauve aussi pour sortir de ça.

C’est notre façon à nous de mettre un mot un petit peu imagé sur quelque chose de trivial, ce qui lui donne un petit peu un sens aussi. Faire d’une douleur ou de quoi que ce soit de difficile quelque chose de noble, ça ne l’enlève pas mais ça lui donne un sens.

Q. Sur la vidéo de Blizzard justement, vous avez travaillé tous ensemble ou il y en a un particulièrement qui y a participé ?

Jean Michel : On était pas mal sur le coup, on aime pas trop donner les noms et tout ça mais oui oui il y en a un dans les cinq qui était réalisateur si tu veux, mais c’est un bien grand mot pour nous puisque tout est toujours hyper bricolé et vraiment fait « à la Fauve » comme on dit entre nous, c’est à dire à l’arrache, et en fait il y avait des potes du Corp, une équipe de 6,7 personnes qui sont partis tourner pendant une semaine, qui ont juste loué un camion, juste un peu de matos. Ce qui est super beau dans l’histoire de cette vidéo, c’est que cela n’intéresse personne et que cela ne concerne que les gens qui ont bossé dessus.

Les gens qui ont participé à ce tournage sont partis une semaine sur les routes de France, dans le Nord pour tourner et en tournant la vidéo, elles sont elles-même sorties du Blizzard. C’était une réunion de pleins de gens du corp qui ne se connaissaient pas forcément entre elles et qui se sont trouvées, qui se sont serrés les coudes pendant une semaine et ont donnés le maximum. Ils se levaient à 6h du mat pour tourner, ils se couchaient à minuit, il y avait un espèce de coté guerrier, d’émulation permanente et ils en ont vraiment chier, et ils pourtant ils sont rentrés de là ils avaient l’impression que ça a duré 6 mois et il y a un truc qui s’est créé entre toutes ces personnes là.

Moi j’y suis allé, je les ai rejoints et j’ai halluciné quand j’ai débarqué dans ce truc.

Billy : C’est l’illustration même de notre méthode de travail avec Fauve, on a travaillé tous ensemble sur les idées, comment les choses allaient venir. Il y a des gens qui ont participé au projet, qui sont partis filmer, qu’on a rencontré par internet quand ils nous ont envoyés des trucs, « voilà je fais des vidéos, j’aimerais bien participer » on leur dit « viens tourner le clip avec nous ». C’est un exemple que nous on considère réussi, de la façon dont on voit le Corp.

Le manager arrive et leur dit qu’il faut qu’ils partent pour une autre interview, alors les membres du groupes nous proposent un défi : on doit poser chacun une dernière question pour finir l’interview, dans laquelle ils s’obligent à répondre rapidement.

Trainee Records : Si ma grand mère veut rejoindre le Corp, est ce qu’elle le peut ?

Jean Michel : En théorie elle peut, mais c’est juste que vu que c’est collaboratif et qu’il y a énormément de travail  sur les trucs qui permettent de faire subsister le projet, en vrai on a été un peu dépassé par le truc, en ce moment on n’a pas vraiment le temps ni les moyens d’intégrer autant de personnes. Si ça tenait qu’à nous, on serait 40 000, c’est à dire le nombre de personnes qui ont aimés la page facebook.

Et puis il y a un truc aussi c’est que si cette personne veut collaborer au projet Fauve, il faut que cela nous parle aussi un petit peu quand même et il faut que cela parle à Fauve en général, nous ne sommes pas que cinq à décider il y a un truc général qui ne dépend presque plus de nous tu vois, cela s’est défini avec le temps maintenant il nous a échappé et on sait à quoi il ressemble et il faut que cela colle avec ça.

Mais dans l’absolu tout à fait, et je serai d’ailleurs ravi de rencontrer ta grand-mère !

Billy : Mais on a un vidéaste, on a un mec qui fait du webdesign avec qui on bosse qu’on a rencontré qui nous a envoyé des trucs, il nous a dit « j’aimerais bien participer » on lui a dit ben ok !

Jean Michel : Même Philippe qui est avec nous sur la route, il est indispensable et on l’a rencontré comme ça. Moi mon frère il m’aide beaucoup sur la réflexion, avec sa vision de la vie qui m’aide à écrire correctement.

Lucienne

Q. Un mot qui définirait Fauve ?

Jean Michel : FAUVE. Ouais je suis désolé mais c’est vrai.

Billy : En fait il a raison, quand on a commencé, « Fauve » c’était la définition de ce qu’on voulait faire, comme musique.

Finalement, « Fauve » on l’utilise comme un adjectif. Vous n’avez peut être pas fait gaffe mais parfois on dit par exemple « on a essayé de faire quelque chose de Fauve » Parce que Fauve pour nous c’est un adjectif avec tout ce qu’on y intègre en terme d’imaginaire et de notions qu’on associe à ce terme là et donc on s’est appelés Fauve parce que l’on voulait faire quelque chose de Fauve.

C’est comme si on avait dit « Qu’est ce qu’on veut faire ? -On veut faire du rockbilly, ou du reggae ». Pour nous c’était presque comme si on s’était affilié à un style, une démarche artistique, etc… mais qui n’existait pas en l’occurrence parce que on avait besoin de trouver la notre. C’est un qualificatif, et c’est pour ça qu’on l’utilise.

Q. Votre inspiration du moment ?

Jean Michel : On a pas trop le temps de lire, de regarder des films ou de.. Ah si Games of Thrones !

Q. Sur scène, j’ai l’impression que la vidéo est omniprésente dans votre live et elle est très importante. C’est aussi votre seule source de lumière.

Jean-Michel : c’est la seule source de lumière exact ! Très juste.

Billy : On n’a pas d’autres éclairages. L’idée c’est que l’image soit intégrée dans toutes les étapes, tout le temps, c’est pour ça que sur scène on est 5 mais qu’il y en a un qui ne fait pas de musique et qui s’occupe juste des vidéos, qui fait le VJ, qui mixe des samples d’images qui sont projetés et oui c’est la seule source de lumière.

Jean-Michel : C’est une façon de donner un espèce de « duorama » du projet Fauve sur scène. Un duorama c’est une espèce de maquette en deux dimensions, comme tu avais dans Astrapi, que tu collais comme ça. Je n’ai pas la définition exacte.

Billy : L’idée c’est que l’on a toujours les 3 piliers qui sont la musique, les textes et l’image et que les 3 doivent être intégrés et doivent être au même niveau. Peut être que du coup l’image est plus mise en avant lors de nos concerts que pour d’autres groupes, ça peut paraître démesuré mais en réalité pour nous en live ils ont tous la même importance. Mais la vidéo n’est pas le plus important. De toute manière, ce qu’il est le moins important dans le groupe,  ce sont les individus. Fauve est plus important que les individus que le compose finalement.  C’est pour cela que c’est à géométrie variable, il y a pleins de gens dans le Corp, etc…

Jean Michel : C’est marrant j’y pensais aujourd’hui, faire des concerts sans vidéo c’est un truc aujourd’hui qui nous paraît douloureux et inconcevable. On aurait l’impression d’être tout nus.

Billy: Et comme on n’aime pas trop se montrer etc, c’est aussi une sorte de filtre.

Jean-Michel : C’est vraiment arrivé à point nommé cette histoire de vidéo, ça collait à tout les niveaux pour les concerts c’était vraiment ce qu’il nous fallait. A la fois représenter l’aspect pluridisciplinaire de Fauve et puis aussi être tranquille un peu.

Q. Depuis le début du projet, vous souhaitez vraiment garder un anonymat et être considérer comme « Fauve » ?

Jean-Michel : Au début on voulait juste ne pas montrer nos gueules

Billy : Au début tu ne penses pas que ça peut devenir quelque chose d’important.

Jean Michel : Tu te dis pas : Il y aura un moment donné où on cherchera mon nom donc il faut que je le cache tout de suite.

Billy : Tu veux être libre, tout simplement. Parce que dans les textes, cela va assez loin dans l’intimité, de nous, de nos proches, etc… et on a pas forcément envie de montrer tout cela.

Des fois on nous dit « ouais vous êtes un groupe secret » on est tous sauf secret quand tu parles de ta vie comme ça dans les musiques, parfois tu peux parler de choses qui peuvent être honteuses, hyper intimes, nous ne sommes pas secrets, c’est juste que l’on n’a pas envie que nos visages soient associés à ce truc là.

Jean Michel : Au delà de la question « Fauve avant tout », même si c’est le cas, mais c’est juste une question de pudeur, d’être mal à l’aise avec ça, et encore on n’est pas anonymes  on s’appelle pas « X & Y, N°3 ». On est plus heureux et on est plus à l’aise, on est plus peinards qu’on est juste un peu discrets. C’est confortable pour nous, on est un peu frileux de manière générale. Du coup, si on peut ne pas donner les prénoms on ne les donne pas mais parfois on les donne et bon bah ça fuite et ce n’est pas grave. On ne fait pas de photos de nous où on soit identifiables non plus tu vois, genre il y a des gens qui nous demandent de faire des photos après des concerts, on ne le fait pas comme ça mais par contre si c’est avec une main devant le visage ou de dos y’a pas de problèmes. Sur scène les gens prennent des photos quand on joue, tu ne vas pas appeller le CSA ou le juge en disant « hey ! Mon droit à l’image !  » ou je ne sais quoi. C’est super spontané, c’est juste que je ne sais pas.. Je vais te donner deux exemples : à une fête de famille, quand on te dit « tiens fais un sourire pour mamie, prends une photo » eh bien tu n’aimes pas, ce n’est pas grave; eh bien nous c’est pareil. T’imagines tu es dans la rue et il y a quelqu’un que tu ne connais pas qui te prend en photo, ce n’est pas grave. C’est juste un truc bêtement humain, bêtement spontané.

Merci au collectif Fauve de s’être prêté au jeu de cette interview !

(* Les prénoms ont été modifiés, parce que je trouvais ça marrant.)

FAUVE Facebook : http://www.facebook.com/FAUVEcorp
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FAUVE website : http://www.FAUVEcorp.com/

Leur premier ep, Blizzard, est dispo à l’écoute sur Deezer

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Une réflexion sur “L’interview FAUVE. (@ART ROCK 2013)

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